- Tour de table des motivations à venir à
cette journée
. Comment me positionner sur le terrain, dans
mon travail en secteur social, en tant que Chrétienne ? Puis-je parler de
ma foi ? Y vivre ma foi ?
. Pasteur à Sochaux. A Montbéliard, le temple
est près de l’usine Peugeot. Il n’y a plus aucun contact avec les salariés
ouvriers et quelques rares avec les cadres. Comment reprendre
contact ?
. Pasteur évangélique dans la banlieue de
Montbéliard, j’ai pu constater la perte de contact avec le monde ouvrier. Les
syndicats sont toujours revendicateurs. Ils témoignent de la souffrance au
travail mais restent sans proposition. Quant à l’Eglise, elle a un discours
dans le vide. Comment sortir de cette impasse ?
. Comment le christianisme peut se vivre dans le
travail ?
. Il y a la MIRP, Mission de l’Industrie en
Région Parisienne. Une équipe autour d’ O. Maes anime
un Espace éthique protestant dont l’un des axes porte sur l’éthique
professionnelle. A l’université dont je suis vice-président,
l’équipe présidentielle connait mes engagements et il m’arrive d’en
parler ; mais comment mon action s’en nourrit-elle ?
. Catholique d’origine, je suis hors religion.
Je suis passé par ATAC, les sans papiers. Je suis instit. Je suis très inquiet
par la mise en place de notations au mérite et l’arrivée d’inspecteurs qui
démontent les collègues. Les syndicats et les églises n’ont rien à dire.
J’évite de parler de ma foi, surtout dans les quartiers difficiles où je
travaille car l’Islam est présent. Question : comment transformer le
service public ?
. Je suis président du MIRLY (Lyon). La mission
populaire travaille sur les thèmes de l’insertion. Il y a une plaquette sur le
bénévolat par exemple. Thème prioritaire : revenu/travail/justice. Je
m’occupe surtout du non travail. Je suis intéressé par le travail et le non
travail. Et la transition entre les deux.
. Je suis directeur d’un centre de réfugiés et
je rencontre aussi des détenus de centrales sur des problèmes d’accès aux
papiers. Les détenus me parlent aussi de leur travail, un travail débilitant.
Ils sont en errance. Se pose toute la question de la relation au travail. Il
faut retrouver la noblesse du travail. Il y a une distorsion insupportable
entre le travail et la finance. Cela inspire la nausée.
. Retraité, ancien pasteur, banquier et prof
d’université, je constate une perte de valeur spirituelle du travail. Les
travailleurs ne rêvent pas. Le travail est une expérience du temps. Comment le
travailleur peut-il donner du sens à son produit ? Surtout quand il
fabrique de l’armement ou travaille dans la finance ?
. Descendant d’une famille Cévenole, je suis
revenu au protestantisme à 40 ans. Professionnellement, j’ai choisi l’expertise
pour ne pas avoir à renoncer à mes valeurs ce que le management m’aurait
contraint de faire. Ayant ½ temps syndical et ½ temps expert informatique, je
pilote pour une fédération la négociation sur les risques psychosociaux
(DARCOS). Les accords d’entreprise sur les risques psychosociaux conduisent à
la construction d’outils pour que les managers puissent prévenir ces risques,
le jeu syndical consiste à imposer l’écoute, la participation et l’éducation
des salariés à ces risques. Le discours d’entreprise est de renvoyer à
l’individu (car certains sont fragiles), le jeu syndical est de dénoncer
l’organisation du travail qui doit être repensée avec les salariés
eux-mêmes.
Pour ma part, j’ai relevé
quelques points de départ issus de l’atelier « travail »
- Ouvriers : Où sont-ils. L’église est déconnectée
du monde du travail
que des cadres chrétiens et des dirigeants chrétiens. - Syndicats : actions revendicatives, débat qui
tourne court,
témoignent d’une souffrance au travail, manquent de recul, ont du mal
à être dans la prospective et la proposition. - Monde hostile aux manifestations de la foi. Ne
jamais parler de sa
foi. - Comment peser sur le mode de prise de décision,
sur le mode de
management ? Management par objectif dans l’éducation, là aussi. - Manager avec des idées sociales. Doit-on se
démettre, est-il possible
de travailler avec ses valeurs ? - Soutien interpersonnel, mais qu’en est-il du
soutien collectif ? - Valeur travail : du travail à la transition vers
le non-travail. - Penser le bénévolat, l’éthique, la gratuité.
- Distorsion de la finance et du travail.
- Travailler sur l’entraide, nécessité de la
repenser. - Sens de son travail, valeur spirituelle du
travail. - L’éthique protestante, gens voués au travail,
rapport à l’œuvre, être
utile, - Toujours changer (non) … Interpréter, raconter
ce qu’on fait - Transversalité, ceux qui s’ignorent ne marchent
pas vers une utopie
collective. - Structure, organisation, qu’importe ce ne sont
qu’outils de l’action. - Qu’est-ce que je fais de ce Christianisme Social
?
. Comment être fière de son travail ?
Comment concilier valeurs personnelles et travail ? Comment agir, comment
ça change les pratiques ?
. La révélation des souffrances des salariés de
France Télécom et notamment la découverte de ce qui a été demandé aux cadres
m’ont effrayée. Ayant été moi-même consultante en organisation et formatrice en
management, je suis horrifiée et n’imagine pas pouvoir revenir à ces métiers un
jour. Que peut-on faire pour que les salariés ne soient plus en
souffrance ? Comment vivre des valeurs chrétiennes dans un monde du
travail qui prétend avoir des valeurs assez proches et se révèle harceleur et
parfois tortionnaire ? Qu’est-ce qu’un manager chrétien social ?
Peut-il faire autre chose que fuir l’entreprise ? Peut-on être un patron
chrétien ?
- Echanges et tentatives pour trouver des
pistes de prolongation
Au-delà du manager, n’est-ce pas l’Europe qui
pousse toujours à aller de l’avant ?
Ne faut-il pas aller chercher les valeurs
ailleurs que dans le travail ? Par exemple dans les relations que je peux
avoir avec les autres ?
Le travail est toujours humain. Car si l’humain
n’est pas dans le travail, où pourrait-il être ?
- Ebauche de liste des problématiques
soulevées
- La relation au produit de son propre
travail : comment être fier de son travail, de ce qu’on
produit ? L’éthique protestante induit-elle absolument une relation
particulière à l’œuvre ? - Comment articuler foi et engagement
professionnel ? En quoi notre foi/ notre engagement chrétien
peut-il / doit-il influencer notre rapport au travail, aux autres, et surtout
comment cela nous permet-il de changer nos pratiques quotidiennes au travail
(évaluation, prise de décision, relation aux autres, au conflit, au pouvoir et
à l’autorité, dimension collective vs individuelle, etc.). - Comment / faut-il parler de sa
foi dans son environnement professionnel ?
