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	<title>...Se r&#233;clamant du christianisme social</title>
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		<title>...Se r&#233;clamant du christianisme social</title>
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		<title>La ruine des consciences avant &#171; l'&#226;ge de pierre &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Nu&#241;ez</dc:creator>


		<dc:subject>Action, engagement</dc:subject>
		<dc:subject>Justice</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque, en conf&#233;rence de presse, Donald Trump a &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; de &#171; renvoyer l'Iran &#224; l'&#226;ge de pierre &#187;, il ne faut pas entendre l'une de ces outrances dont il a fait un style politique. D'ailleurs, il a prolong&#233; cette menace sur son propre r&#233;seau social en parlant d'envoyer d&#233;sormais l'Iran &#171; en enfer &#187;. Ces phrases doivent &#234;tre prises &#224; la lettre de ce qu'elles rendent pensable : non pas une simple pression diplomatique accrue, mais l'hypoth&#232;se assum&#233;e d'une destruction des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://christianismesocial.org/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque, en conf&#233;rence de presse, Donald Trump a &#233;voqu&#233; la possibilit&#233; de &#171; renvoyer l'Iran &#224; l'&#226;ge de pierre &#187;, il ne faut pas entendre l'une de ces outrances dont il a fait un style politique. D'ailleurs, il a prolong&#233; cette menace sur son propre r&#233;seau social en parlant d'envoyer d&#233;sormais l'Iran &#171; en enfer &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces phrases doivent &#234;tre prises &#224; la lettre de ce qu'elles rendent pensable : non pas une simple pression diplomatique accrue, mais l'hypoth&#232;se assum&#233;e d'une destruction des conditions m&#234;mes de la vie sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le fait s'inscrit dans une s&#233;quence d&#233;j&#224; satur&#233;e par la logique guerri&#232;re : apr&#232;s Gaza comme seuil de l'acceptable, apr&#232;s l'extension du conflit au Liban, apr&#232;s la banalisation des frappes dites pr&#233;ventives, la menace contre l'Iran ne surgit pas comme une rupture, mais comme l'&#233;largissement d'un vocabulaire d&#233;j&#224; acclimat&#233; &#224; la destruction totale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est vis&#233; ici n'est pas d'abord le r&#233;gime des mollahs dans sa seule dimension politique ou militaire. Dire &#171; l'&#226;ge de pierre &#187;, puis &#171; l'enfer &#187;, c'est viser l'ensemble de la soci&#233;t&#233; iranienne dans sa texture concr&#232;te : ses centrales, ses r&#233;seaux, ses h&#244;pitaux, ses routes, ses syst&#232;mes de soin, ses circuits alimentaires, ses moyens de communication &#8212; autrement dit tout ce qui permet &#224; une collectivit&#233; humaine de demeurer une soci&#233;t&#233; plut&#244;t qu'un espace de survie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les paroles de Trump installent dans la langue du pouvoir l'id&#233;e qu'un peuple entier peut &#234;tre reconduit &#224; l'effondrement de ses m&#233;diations vitales. Elles rendent pensable l'an&#233;antissement des conditions civiles d'existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour imaginer la destruction totale des infrastructures d'un pays, il faut que ceux qui y vivent aient d&#233;j&#224; cess&#233; d'appara&#238;tre comme des sujets de droit et de vuln&#233;rabilit&#233;. Ils deviennent une masse strat&#233;gique, absorb&#233;e dans la cat&#233;gorie hostile de &#171; l'ennemi &#187;. La population civile, les enfants, les malades, les &#233;coles, les h&#244;pitaux, les r&#233;seaux d'eau et d'&#233;lectricit&#233; se trouvent symboliquement fondus dans une m&#234;me totalit&#233; &#224; frapper.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous touchons ici au point o&#249; le droit se brise, et avec lui l'id&#233;e m&#234;me d'un monde commun habitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce point de rupture n'est d'ailleurs pas propre &#224; Donald Trump ; on le retrouve, sous des formes diverses, chez d'autres dirigeants qui, de Washington &#224; Tel-Aviv, de T&#233;h&#233;ran &#224; Moscou, acclimatent eux aussi dans la langue du pouvoir la possibilit&#233; de la destruction civile. Trump, encore lui, d&#232;s le d&#233;but du mois de janvier, affirmait n'avoir pas &#171; besoin du droit international &#187; et que la seule limite &#224; son pouvoir r&#233;sidait dans sa &#171; propre moralit&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, ce qui a chang&#233; avec l'embrasement du Moyen-Orient, c'est le m&#233;pris fanfaron avec lequel les &#201;tats-Unis, Isra&#235;l &#8212; et m&#234;me l'Iran &#8212; rejettent, moquent ou bafouent les normes internationales prot&#233;geant les civils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il devient &#224; nouveau possible de parler la langue de l'an&#233;antissement, ce ne sont pas seulement Gaza, le Liban, l'Iran ou d'autres zone du monde qui sont menac&#233;s. Le plus inqui&#233;tant est ailleurs : le droit international, d&#233;j&#224; longtemps fragilis&#233;, ne sert m&#234;me plus de sc&#232;ne oblig&#233;e o&#249; les puissances devaient encore feindre la retenue. C'est dans cette disparition m&#234;me du d&#233;tour justificatif que commence une accoutumance morale qui atteint d&#233;sormais les consciences elles-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gaza a servi de seuil. Des zones enti&#232;res du Liban sont aujourd'hui d&#233;truites par Isra&#235;l &#171; en prenant Gaza comme mod&#232;le &#187;, selon une logique o&#249; le plan m&#234;me de destruction se pr&#233;sente comme une voie vers la paix. Ce point est d&#233;cisif : nous ne sommes plus seulement face &#224; la violence brute des op&#233;rations militaires, mais devant une grammaire politique o&#249; la ruine m&#233;thodique d'un territoire peut encore se dire dans le vocabulaire de la stabilisation et de la s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, lorsque un propos, comme celui de Donald Trump, reprend ici, &#224; propos de l'Iran un lexique d'&#233;crasement civilisationnel, cette parole n'arrive plus comme l'impensable. Elle trouve un terrain d&#233;j&#224; pr&#233;par&#233; par des mois de normalisation de la violence de masse, au cours desquels la langue guerri&#232;re s'est progressivement substitu&#233;e &#224; la langue du droit. &#171; Paix par la force &#187;, &#171; droit de se d&#233;fendre &#187;, &#171; frappe pr&#233;ventive &#187;, &#171; restauration de la dissuasion &#187;, &#171; s&#233;curit&#233; des alli&#233;s &#187; : autant de formules reprises en boucle par les m&#233;dias et les chancelleries, qui fonctionnent d&#233;sormais comme les op&#233;rateurs linguistiques par lesquels l'Empire transforme une guerre d'agression en n&#233;cessit&#233; strat&#233;gique. Le mot ne sert plus &#224; qualifier le r&#233;el ; il sert &#224; le rendre acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus inqui&#233;tant n'est alors peut-&#234;tre plus la violence elle-m&#234;me, mais notre adaptation &#224; son annonce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car enfin, o&#249; sont pass&#233;es les voix qui, hier encore, savaient reconna&#238;tre dans le langage et les faits de la guerre les signes avant-coureurs de l'imp&#233;rialisme, de l'agression et du crime contre les civils ? O&#249; sont les traditions non violentes, les consciences anti-imp&#233;riales, les d&#233;fenseurs des droits humains, les intellectuels critiques, les autorit&#233;s morales et religieuses qui avaient fait de la vigilance une exigence politique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus grave n'est peut-&#234;tre pas seulement que les expressions de massacres reviennent au sommet des &#201;tats. C'est qu'elles ne rencontrent plus, en face d'elles, une force symbolique capable de les interrompre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, les rapports existent, les communiqu&#233;s se succ&#232;dent, les alertes s'accumulent. Mais ce qui semble s'&#234;tre affaibli, c'est la capacit&#233; m&#234;me du langage des droits &#224; produire encore du scandale. Le droit survit parfois comme proc&#233;dure, comme documentation, comme archivage minutieux de la catastrophe, pendant que s'efface la force proph&#233;tique qui faisait autrefois de la d&#233;fense des civils une parole capable d'interrompre le pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, le langage des droits demeure, mais la conscience qui lui donnait sa puissance se retire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce retrait est peut-&#234;tre le sympt&#244;me le plus profond de notre moment historique. Une civilisation ne se mesure pas seulement &#224; la solidit&#233; de ses institutions ou &#224; la pr&#233;cision de ses normes. Elle se mesure &#224; la vitalit&#233; de ses contre-pouvoirs moraux : ces traditions, ces mouvements, ces voix qui savent dire NON avant que le pire ne devienne irr&#233;versible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque les mouvements non violents se taisent, lorsque les critiques de l'imp&#233;rialisme n'identifient plus l'Empire, lorsque les d&#233;fenseurs des droits humains parlent encore sans parvenir &#224; recr&#233;er l'effroi moral, alors quelque chose de plus grave qu'une crise g&#233;opolitique se produit.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la d&#233;sertion des consciences critiques elles-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cette d&#233;sertion cr&#233;e autour de la violence un vide symbolique dans lequel les pouvoirs peuvent de nouveau parler la langue de l'an&#233;antissement sans rencontrer la r&#233;sistance qui, autrefois, faisait encore obstacle &#224; sa normalisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus grave n'est donc peut-&#234;tre pas seulement ce que disent les puissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus grave est que ceux dont la vocation historique &#233;tait de nommer l'imp&#233;rialisme, de prot&#233;ger les civils et de d&#233;fendre le droit semblent d&#233;sormais parler trop bas &#8212; ou ne plus parler du tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment ce vide moral que l'histoire du XXe si&#232;cle avait tent&#233; d'emp&#234;cher de se reformer. Car elle nous a appris une chose essentielle : le crime ne commence jamais avec les ruines. Il commence dans l'espace symbolique o&#249; sa possibilit&#233; cesse d'&#234;tre imm&#233;diatement repouss&#233;e. Nous l'avons oubli&#233;, mais tout l'h&#233;ritage de Nuremberg tient dans cette le&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime contre la paix ne d&#233;signe jamais le seul instant de l'explosion ni l'image finale des villes en cendres. Il commence bien avant, dans la cha&#238;ne presque invisible des d&#233;cisions, des justifications, des ob&#233;issances, des prudences institutionnelles, des complicit&#233;s internationales, des fournitures des moyens et des silences diff&#233;r&#233;s qui rendent pensable puis praticable la destruction du tissu civil. Avant les immeubles effondr&#233;s, il y a les mots qui acclimatent la violence ; avant les colonnes d'exil&#233;s, il y a les doctrines qui absorbent l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, les h&#244;pitaux et les &#233;coles dans la cat&#233;gorie indistincte de la menace ; avant les enfances amput&#233;es, il y a toujours une soci&#233;t&#233; qui s'est habitu&#233;e &#224; entendre la ruine comme une hypoth&#232;se de s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous croyons parfois n'&#234;tre que les spectateurs lointains de ces bascules. Mais l'histoire enseigne l'inverse : les crimes de masse n'ont jamais seulement besoin d'armes, ils ont besoin d'une zone grise faite de fatigue morale, de fragmentation des causes, de proc&#233;dures qui temporisent et de voix qui pensent pouvoir parler plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi les ruines ne sont jamais l'instant final d'un crime, mais son inscription dans la dur&#233;e. Les ruines ne sont jamais seulement des pierres : elles deviennent des institutions manquantes, des enfances amput&#233;es, des fronti&#232;res sans retour et des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res condamn&#233;es &#224; h&#233;riter non d'un monde, mais de son humanit&#233; perdue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;vang&#233;lisme et nationalisme am&#233;ricain : une folle id&#233;ologie</title>
		<link>https://christianismesocial.org/spip.php?article760</link>
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		<dc:date>2026-03-26T17:55:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233;e PIETTRE</dc:creator>


		<dc:subject>Foi, la&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chacun aura vu ce clich&#233; o&#249; Paula White, nomm&#233;e par Trump II &#224; la t&#234;te d'un &#8220;Bureau de la Foi &#224; la Maison Blanche&#8221;, entour&#233;e d'une vingtaine de pasteurs &#8220;venus de tout le pays&#8221;, b&#233;nit Donald Trump assis en son bureau ovale et prie pour que Dieu donne force au Pr&#233;sident et fasse triompher les USA, nation plac&#233;e under God, &#8220;sous l'autorit&#233; de Dieu&#8221;, dans leur guerre contre l'Iran. Ailleurs on voit la t&#233;l&#233;vang&#233;liste prier, comme une pythie en fureur, que Dieu &#171; frappe, frappe, frappe &#187; l'ennemi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://christianismesocial.org/spip.php?mot13" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chacun aura vu ce clich&#233; o&#249; Paula White, nomm&#233;e par Trump II &#224; la t&#234;te d'un &#8220;Bureau de la Foi &#224; la Maison Blanche&#8221;, entour&#233;e d'une vingtaine de pasteurs &#8220;venus de tout le pays&#8221;, b&#233;nit Donald Trump assis en son bureau ovale et prie pour que Dieu donne force au Pr&#233;sident et fasse triompher les USA, nation plac&#233;e under God, &#8220;sous l'autorit&#233; de Dieu&#8221;, dans leur guerre contre l'Iran. Ailleurs on voit la t&#233;l&#233;vang&#233;liste prier, comme une pythie en fureur, que Dieu &#171; frappe, frappe, frappe &#187; l'ennemi !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_288 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://christianismesocial.org/local/cache-vignettes/L500xH349/trump-82f85.jpg?1774548032' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; de quoi &#233;tonner le la&#239;cisme fran&#231;ais ! Que se passe-t-il donc aux USA ? Comment les missions &#233;vang&#233;liques, qui, certes, ont su s&#233;duire 25% de la population &#233;tatsunienne (vs 3% en Suisse, 2% en France), ont-elles pu passer, en Am&#233;rique, d'un syst&#232;me de congr&#233;gations sans implantation territoriale pr&#233;cise, &#224; un nationalisme guerrier incarn&#233; par un pr&#233;sident pourtant &#233;lu sur la promesse de mettre fin aux aventures militaires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un s&#233;minaire sur cette question d'actualit&#233; a &#233;t&#233; mis en place &#224; l'Institut catholique de Paris. On vient d'y entendre deux sp&#233;cialistes, Blandine Chelini-Pont (Les &#8216;imaginaires chr&#233;tiens' en politique dans les Etats-Unis d'aujourd'hui, &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/event/5632661/36697ac59a&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vimeo.com/event/5632661/36697ac59a&lt;/a&gt; ), puis surtout Philippe Gonzalez (Sept Montagnes pour les dominer tous : sources et cons&#233;quences d'un sch&#232;me th&#233;ocratique sur la vie publique &#233;tasunienne, &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/event/5719781/398293de8b&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vimeo.com/event/5719781/398293de8b&lt;/a&gt;) rendre compte de ce passage de la pr&#233;dication &#233;vang&#233;lique &#224; une croisade nationale conjointe entre Isra&#235;l et les &#201;tats-Unis : Isra&#235;l se vit comme Terre promise cern&#233;e d'ennemis, et les &#201;tats-Unis se flattent d'une nouvelle &#233;lection divine, depuis le mythique d&#233;barquement, en 1620, d'une poign&#233;e de puritains qui fuyaient l'Angleterre d'Elizabeth I &#224; bord du Mayflower, jusqu'&#224; la domination mondiale du dollar et des armes US au XXe si&#232;cle&#8230; et jusqu'&#224; Trump. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l&#224; o&#249; Isra&#235;l ne songe qu'&#224; s&#233;curiser et &#233;tendre sa Terre promise, les &#233;vang&#233;liques qui font depuis peu la pluie et le beau temps &#224; la Maison Blanche s'appuient, eux, sur les proph&#233;ties de Daniel et de l'Apocalypse. Ils attendent le retour du Messie (pourquoi pas sous la forme missionnaire d'un Am&#233;ricain providentiel ?!) sur la Terre promise reconquise &#8212; le peuple &#233;lu une fois converti au Christ ! &#8212; pour un r&#232;gne de mille ans. Au terme de ce &#8220;Millenium&#8221;, la bataille finale d'Armageddon (Ap. 16,16 : le nom &#233;voque le site biblique de Meggido) opposerait les forces du Bien aux arm&#233;es de l'Ant&#233;christ et consacrerait la victoire d&#233;finitive sur le Mal, pr&#233;lude du Jugement dernier. Ancien et Nouveau Testament ne formeraient que les 6 premiers chapitres d'une Histoire dont le Millenium et sa conclusion &#233;criraient le chapitre 7 final (cf. S&#233;bastien Fath, 2015, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.3917/rfea.139.0077&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.3917/rfea.139.0077&lt;/a&gt;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette perspective, le rationalisme universaliste europ&#233;en est devenu la b&#234;te &#224; abattre, une nouvelle Babylone, le berceau de l'Ant&#233;christ, y compris dans ses prolongements am&#233;ricains marqu&#233;s par le progressisme, la culture woke, le f&#233;minisme, les gay prides, etc., que rejettent aujourd'hui les n&#233;or&#233;actionnaires US (voir Arnaud Miranda, Les Lumi&#232;res sombres, Gallimard 2026).&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons que les premi&#232;res g&#233;n&#233;rations de puritains am&#233;ricains identifiaient l'Ant&#233;christ avec le pape ! Plus r&#233;cemment, la b&#234;te noire devint l'islam. Mais, depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle, une r&#233;flexion sur la strat&#233;gie missionnaire la plus efficace, &#8212; men&#233;e surtout au S&#233;minaire Fuller de th&#233;ologie &#233;vang&#233;lique de Pasadena en Californie, autour de Donald Mc Gavran (1897-1990) puis Peter Wagner (1930-2016) &#8212;, promeut une guerre spirituelle qui s'attache &#224; exorciser, chacun dans son pays, les &#8220;d&#233;mons du territoire&#8221;. On y pr&#233;conise des m&#233;thodes de d&#233;veloppement personnel associ&#233;es &#224; une r&#233;volution institutionnelle et sociale : ce sont par ex. des s&#233;quences de 72 heures d'affil&#233;e de pri&#232;res chant&#233;es dans une ambiance rock survolt&#233;e, pour chasser les d&#233;mons. Lance Wallnau, &#8220;p&#232;re du dominionisme am&#233;ricain&#8221;, a th&#233;oris&#233; l'id&#233;e d'un &#8220;mandat&#8221; de Dieu nous invitant &#224; conqu&#233;rir les &#8220;7 montagnes&#8221; que sont la religion, la famille, l'&#233;ducation, le business, le gouvernement, les m&#233;dias et les divertissements : sur chaque sommet si&#233;gerait un new born, &#8220;n&#233; de nouveau&#8221; par sa conversion &#233;vang&#233;lique. Le t&#233;l&#233;vang&#233;liste Lou Engle a lanc&#233; The Call, &#8220;l'Appel&#8221;, qui a rassembl&#233; 500.000 personnes d&#232;s son premier rallye devant la Maison Blanche contre l'avortement et les LGTB.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement vise un r&#233;gime th&#233;ocratique de proph&#232;tes et d'ap&#244;tres coopt&#233;s entre eux. Le &#8220;mandat&#8221; initial de Dieu &#224; l'homme n'a-t-il pas &#233;t&#233; de transformer le monde (Gn 1.26-28) ? Trump, milliardaire (signe suppos&#233; de son &#233;lection divine !), alli&#233; &#224; Isra&#235;l, et &#8220;proph&#232;te&#8221; lui-m&#234;me, a ainsi &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; par Sarah Palin comme &#8220;le Pr&#233;sident qui a &#233;t&#233; proph&#233;tis&#233;&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en conqu&#233;rant les sites du pouvoir, ce mouvement &#233;vang&#233;lique se d&#233;veloppe en-dehors de tout contr&#244;le institutionnel, traditionnel ou th&#233;ologique. N&#233;anmoins, selon S. Fath (Le Nouveau pouvoir &#233;vang&#233;lique, Grasset, 2026), il ne faut pas exag&#233;rer le danger : les exalt&#233;s soutenant Trump ne sont qu'une partie des &#233;vang&#233;liques am&#233;ricains, et les courants &#233;vang&#233;liques se d&#233;veloppent bien plus vite ailleurs, en Afrique, en Chine, en Asie du Sud-Est, avec des pratiques vari&#233;es et d'ordinaire inoffensives, malgr&#233; des traits communs remarquables (chants, fonctionnement entrepreneurial, etc.). &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste que la croisade contre l'Iran conduite par le &#8220;ministre de la guerre&#8221;, le mill&#233;nariste Pete Hegseth, sous l'aiguillon d'Isra&#235;l et l'autorit&#233; du fantasque Trump, prend des allures d'apocalypse qui doivent l&#233;gitimement nous alerter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Portrait de Jospin en politique</title>
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		<dc:date>2026-03-26T17:37:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Abel</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject> Culture &#233;ducation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le film de Schoendoerffer Le Crabe-Tambour, le Capitaine du vaisseau, un militaire en fin de carri&#232;re, sur un oc&#233;an glac&#233; parsem&#233; d'icebergs, &#233;nonce cette phrase magnifique : &#171; sans vaisseau les hommes ne sont pas grand-chose &#187;. Les institutions humaines sont de tels vaisseaux, ce sont elles qui nous portent, et sans elles nous sombrons dans les ab&#238;mes. Or elles sont fragiles, et demandent &#224; &#234;tre tenues et entretenues avec courage et t&#233;nacit&#233;, avec discernement et intelligence aussi, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://christianismesocial.org/spip.php?mot229" rel="tag"&gt; Culture &#233;ducation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le film de Schoendoerffer Le Crabe-Tambour, le Capitaine du vaisseau, un militaire en fin de carri&#232;re, sur un oc&#233;an glac&#233; parsem&#233; d'icebergs, &#233;nonce cette phrase magnifique : &#171; sans vaisseau les hommes ne sont pas grand-chose &#187;. Les institutions humaines sont de tels vaisseaux, ce sont elles qui nous portent, et sans elles nous sombrons dans les ab&#238;mes. Or elles sont fragiles, et demandent &#224; &#234;tre tenues et entretenues avec courage et t&#233;nacit&#233;, avec discernement et intelligence aussi, car pour les maintenir il faut en ressaisir la question, l'intention initiale, et la r&#233;interpr&#233;ter pour le monde d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais comme les vaisseaux, sans les humains qui les maintiennent, les institutions ne sont pas grand-chose, et il faut penser la responsabilit&#233; &#233;thique particuli&#232;re de tous les humains qui portent et repr&#233;sentent les institutions en personne. Comme l'observe le sociologue Laurent Th&#233;venot lisant Ric&#339;ur, les institutions n'existent que port&#233;es par des personnes, et c'est sur la loyaut&#233; institutionnelle mais aussi le profond sens humain de ces personnes que reposent l'&#233;thique et la cr&#233;dibilit&#233; de leurs institutions. C'est sous cet angle que je voudrais proposer ici un bref &#233;loge et portrait de Lionel Jospin en &#171; politique &#187;, au sens noble du terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
On est loin ici du monde acc&#233;l&#233;r&#233; des coups de menton et des &#233;motions, des simplifications manich&#233;ennes et de l'hyper-personnalisation du pouvoir et de ses repr&#233;sentants. Jospin a su s'effacer derri&#232;re l'institution. Mais dans le m&#234;me temps, Jospin portait les institutions en personne, il les incarnait avec respect, c'est-&#224;-dire sans pr&#233;tendre s'y substituer. Certes il avait, et c'est essentiel en politique, des convictions (ce qu'on appelle aujourd'hui des &#171; valeurs &#187;), des convictions socialistes qui donnaient le cap de son action politique (la CMU, le logement social, l'am&#233;nagement du territoire, etc.). Mais son sens de la responsabilit&#233; &#233;tatique et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral l'avait amen&#233;, alors m&#234;me que le PS de son temps &#233;tait trop fort, quasi h&#233;g&#233;monique &#224; gauche, &#224; faire respecter les pluralit&#233;s, les minorit&#233;s, et &#224; ne cesser de construire les compromis qui lui semblaient les meilleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait dire les limites de &#171; la &#187; politique de Jospin, la relative faiblesse de son sens de l'urgence &#233;cologique alors qu'on savait d&#233;j&#224; tr&#232;s bien le grand &#233;boulement vers lequel on allait, une conception de la la&#239;cit&#233; qui accordait trop &#224; la neutralit&#233; non seulement de l'&#201;tat mais de toutes les institutions, &#233;tablies sur l'&#233;videment ou l'&#233;vitement de la question religieuse, dont on sait bien qu'elle est et sera toujours l&#224;, et qu'il vaut mieux la canaliser avec tact. Il n'emp&#234;che que les premi&#232;res grandes mesures &#233;cologiques ont &#233;t&#233; prises sous son mandat, et qu'il avait une la&#239;cit&#233; carr&#233;e derri&#232;re la loi, au-dessus des partis, r&#233;sistant &#224; son d&#233;voiement identitaire comme un instrument pour forcer l'assimilation des musulmans &#8212; ou leur exclusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, nous avons besoin de &#171; politiques &#187; qui sachent r&#233;sister &#224; la d&#233;sinstitution g&#233;n&#233;rale, &#224; la r&#233;duction de l'institution &#224; un pur instrument de domination verticale des plus forts, mais aussi &#224; sa r&#233;duction &#224; la simple logique des petits contrats horizontaux, toujours labiles. Sous la double pression de ces processus, partout dans le monde, ce ne sont pas seulement les &#201;tats mais les soci&#233;t&#233;s qui se d&#233;font. Les mafias prennent la place des institutions, et s'habillent avec leurs oripeaux. Remarquons ici justement que les liens mafieux entrem&#234;lent les liens verticaux des rapports de force violents, et les liens horizontaux des pots de vin et des accords occultes, dissimul&#233;s. Or les mafias surgissent pr&#233;cis&#233;ment au point de rencontre des deux processus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au c&#339;ur de l'&#233;thique des institutions, dont il semble que Jospin ait &#233;t&#233; particuli&#232;rement dot&#233;, il y a la justice, le sens du juste. Ric&#339;ur en donne une belle formule : &#171; n'exerce pas ton pouvoir sur autrui sans lui laisser de contre-pouvoir contre toi &#187;. Cette formule est pr&#233;cieuse parce qu'elle reconna&#238;t que nous exer&#231;ons toujours un pouvoir les uns sur les autres, et parce qu'elle tient compte de cette terrible maxime pos&#233;e par Simone Weil montrant l'universalit&#233; du r&#232;gne de la Force : &#171; on est barbare avec les faibles &#187;. La r&#233;ponse consiste donc &#224; faire en sorte que personne ne soit trop faible, et que le plus faible dispose d'un minimum de contre-pouvoir contre le plus fort &#8212; ce qui est loin d'&#234;tre le cas, le plus souvent. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#232;gle juste institue la division des pouvoirs et des contre-pouvoirs, elle institue la pluralit&#233; des sph&#232;res et la pluralisation int&#233;rieure de chaque sph&#232;re (dans le monde de la force ou du droit, dans celui de la puissance financi&#232;re ou &#233;conomique, dans celui des m&#233;dias et des r&#233;seaux, dans le monde religieux, etc.). Bref, le sens le plus profond de l'institution est d'instituer la pluralit&#233; humaine, un monde humain et vivant qui soit v&#233;ritablement un th&#233;&#226;tre d'apparition mutuelle, un monde pr&#233;sentant la densit&#233; maximale des formes de vie compossibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le v&#233;ritable &#171; politique &#187; n'impose pas la sph&#232;re du politique comme la sph&#232;re des sph&#232;res imposant son ordre &#224; toutes les autres. Mais il ne laisse pas non plus la logique du march&#233; &#233;craser les autres. Il sait que l'on a besoin d'un tissu fonci&#232;rement pluraliste d'institutions, qui sont comme le disait Ric&#339;ur des &#171; m&#233;diations imparfaites &#187; ; elles ne cessent de se compl&#233;ter et de se corriger les unes les autres, et comme le disait encore Ric&#339;ur &#171; il n'y a pas de tiers absolu &#187; ni d'institution qui puisse pr&#233;tendre tout englober. Attention : ce pluralisme n'est pas un blanc-seing donn&#233; aux plus forts qui trop souvent se croient les meilleurs, et pensent qu'ils seront toujours les plus forts&#8230; En tressant, en tissant la diversit&#233;, comme le raconte le Politique de Platon, il fait respecter la pluralit&#233; des temp&#233;raments, des comp&#233;tences, des sagesses, et jusqu'aux formes de vie les plus faibles. Et les grandes institutions qui exercent et concentrent le pouvoir ont besoin des petites institutions qui exercent une fonction pilote de vigilance, de rappel aussi aux choses essentielles, comme le faisaient le th&#233;&#226;tre tragique dans l'antiquit&#233; grecque et les proph&#232;tes dans l'antiquit&#233; biblique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car les institutions ne sont pas seulement l&#224; pour nous prot&#233;ger contre la brutalit&#233; et la violence. Elles ont pour fonction non moins importante de nous prot&#233;ger contre le mensonge : et c'est pourquoi les institutions de la pluralit&#233; et de la libert&#233; de la presse, des radios, des r&#233;seaux d'information et de communication sont essentielles, mais aussi la libert&#233; d'expression d'associations et d'&#171; observatoires &#187; ind&#233;pendants de l'&#201;tat et susceptibles d'un regard critique. On peut &#233;largir ces institutions &#224; toutes celles de la culture et des arts, et bien s&#251;r &#224; la pluralit&#233; vivante des &#201;glises et associations. Dans tous les cas, le danger surgit lorsque l'une de ces instances se trouve en position de domination excessive, ou parfois m&#234;me de monopole exclusif de l'information. Le mensonge alors triomphe sans pouvoir &#234;tre contest&#233;. Et la violence t&#244;t ou tard accompagne le mensonge, pour plier la r&#233;alit&#233; &#224; son discours. Il me semble que Lionel Jospin avait ce sens aigu de la v&#233;racit&#233; qui consiste &#224; tenter, avant toute action, avant toute parole, de prendre en compte le r&#233;el, de ne pas se le dissimuler, de ne pas s'en &#233;vader.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;loge et portrait de Lionel Jospin en &#171; politique &#187; est &#233;videmment tourn&#233; vers une &#233;poque qui n'est plus. Un quart de si&#232;cle est pass&#233;. La tentation terrible de la nostalgie serait de croire que tout allait bien alors, et que tout r&#233;gresse, que l'humanit&#233; a maintenant g&#226;ch&#233; les chances qu'elle avait encore en 2000. Et pourtant l'exemple de Jospin devrait nous apprendre &#224; r&#233;sister &#224; la terrible circularit&#233; entre la d&#233;moralisation et la d&#233;politisation. Il revient &#224; nous tous de nous porter au secours non des institutions d&#233;voy&#233;es et instrumentalis&#233;es par des r&#233;seaux mafieux, mais des institutions vives qui nous portent encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La foi &#224; l'&#233;preuve de la nuance d&#233;plac&#233;e</title>
		<link>https://christianismesocial.org/spip.php?article758</link>
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		<dc:date>2026-03-17T17:38:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Nu&#241;ez</dc:creator>


		<dc:subject>Action, engagement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques semaines, &#224; mesure que la guerre engag&#233;e contre l'Iran par les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l s'&#233;tend &#224; l'ensemble du Proche-Orient, un d&#233;placement pr&#233;occupant du regard s'impose dans certains commentaires et &#233;ditoriaux. Plus la violence s'intensifie, plus certaines voix appellent &#224; la mesure, &#224; l'&#233;quilibre, au discernement. Mais la nuance cesse alors d'&#234;tre un travail exigeant pour devenir une posture : se tenir &#224; &#233;gale distance des engagements jug&#233;s trop tranch&#233;s. On renvoie dos &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques semaines, &#224; mesure que la guerre engag&#233;e contre l'Iran par les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l s'&#233;tend &#224; l'ensemble du Proche-Orient, un d&#233;placement pr&#233;occupant du regard s'impose dans certains commentaires et &#233;ditoriaux. Plus la violence s'intensifie, plus certaines voix appellent &#224; la mesure, &#224; l'&#233;quilibre, au discernement. Mais la nuance cesse alors d'&#234;tre un travail exigeant pour devenir une posture : se tenir &#224; &#233;gale distance des engagements jug&#233;s trop tranch&#233;s. On renvoie dos &#224; dos ceux qui &#171; sacralisent &#187; l'histoire d'Isra&#235;l en y lisant, de mani&#232;re simplificatrice, l'accomplissement direct des promesses bibliques, et ceux qui abordent le conflit &#224; travers le langage du droit international et des droits humains &#8212; comme si ces registres relevaient d'un m&#234;me exc&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'intention affich&#233;e est celle de la nuance. Mais ce qui se pr&#233;sente comme un effort d'&#233;quilibre produit en r&#233;alit&#233; un d&#233;placement du d&#233;bat. Car au moment m&#234;me o&#249; la guerre franchit un seuil nouveau &#8212; bombardements, repr&#233;sailles, multiplication des fronts, tensions sur l'&#233;nergie &#8212; certains discours semblent se d&#233;tourner du terrain des faits pour s'installer dans une m&#233;ditation d&#233;sincarn&#233;e sur la trag&#233;die de l'histoire ou la pr&#233;tendue profondeur spirituelle des conflits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, la complexit&#233; n'abolit pas les faits. Elle oblige au contraire &#224; les regarder avec plus de rigueur. Lorsque des territoires sont occup&#233;s depuis des d&#233;cennies, lorsque des populations vivent sous un r&#233;gime durable de contr&#244;le et de restriction, lorsque la logique militaire s'&#233;tend &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale, invoquer la trag&#233;die de l'histoire ne suffit pas. Encore faut-il consentir &#224; nommer les faits, les d&#233;cisions politiques et leurs cons&#233;quences humaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est significatif que ce retour du &#171; juste milieu &#187; surgisse pr&#233;cis&#233;ment au moment o&#249; le conflit change d'&#233;chelle et o&#249; certaines justifications deviennent plus difficiles &#224; soutenir. La mod&#233;ration est une vertu. Mais elle cesse d'en &#234;tre une lorsqu'elle devient un abri, une mani&#232;re de se tenir &#224; distance d'une r&#233;alit&#233; qui oblige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car derri&#232;re cette rh&#233;torique de l'&#233;quilibre se profile une question plus d&#233;cisive : celle du r&#244;le de la religion dans la lecture &#8212; et parfois dans la l&#233;gitimation &#8212; de la guerre. Dans l'opposition entre &#171; sacralisation &#187; et &#171; s&#233;cularisation &#187;, une confusion persiste. Tous les langages ne rel&#232;vent pas du m&#234;me registre. Le droit international et les droits humains ne constituent pas une tentative de r&#233;duire l'histoire &#224; une morale abstraite. Ils sont des constructions fragiles, toujours discut&#233;es, et parfois instrumentalis&#233;es, par lesquelles les soci&#233;t&#233;s humaines cherchent &#224; contenir la violence&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce d&#233;placement du regard qui emp&#234;che de voir ce qui est en train de se jouer : non plus seulement un d&#233;bat d'interpr&#233;tation. Ce qui &#233;merge aujourd'hui, c'est une mobilisation religieuse et mill&#233;nariste autour de la guerre elle-m&#234;me, qui ne se contente plus d'en interroger la violence mais commence &#224; la l&#233;gitimer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'intervention militaire conjointe d'Isra&#235;l et des &#201;tats-Unis contre l'Iran le conflit a chang&#233; de nature : ce sont d&#233;sormais les &#233;quilibres r&#233;gionaux eux-m&#234;mes qui vacillent, aggravant des crises anciennes et d&#233;j&#224; profond&#233;ment enracin&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce contexte qu'une partie du monde &#233;vang&#233;lique am&#233;ricain s'est engag&#233;e dans une mobilisation d'ampleur, en d&#233;calage croissant avec d'autres lectures politiques et sociales du conflit. Sermons, rassemblements de pri&#232;re, cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision chr&#233;tiennes, r&#233;seaux sociaux : tout un univers religieux s'emploie &#224; interpr&#233;ter la guerre non plus comme une trag&#233;die humaine, mais comme un moment spirituel d&#233;cisif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ph&#233;nom&#232;ne n'est pas marginal. D&#232;s avant l'escalade actuelle, d&#233;but d&#233;cembre, des centaines &#8212; voire plus d'un millier selon certaines sources &#8212; de pasteurs et d'influenceurs &#233;vang&#233;liques am&#233;ricains ont &#233;t&#233; invit&#233;s en Isra&#235;l, dans ce qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme la plus importante d&#233;l&#233;gation de responsables chr&#233;tiens am&#233;ricains depuis la cr&#233;ation de l'&#201;tat. Plusieurs &#233;l&#233;ments indiquent que ces voyages visaient explicitement &#224; faire de ces responsables, une fois rentr&#233;s aux &#201;tats-Unis, des relais actifs dans leurs communaut&#233;s. La guerre devient ainsi l'objet d'une v&#233;ritable p&#233;dagogie religieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce climat, il est frappant que les appels &#224; la nuance ne per&#231;oivent pas que certaines prises de parole exc&#232;dent largement le registre de la solidarit&#233; politique : elles en viennent &#224; pr&#233;senter la guerre comme voulue, voire port&#233;e, par Dieu lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
La t&#233;l&#233;-&#233;vang&#233;liste Paula White, proche de Donald Trump et conseill&#232;re du Bureau de la foi de la Maison-Blanche, a ainsi prononc&#233; une pri&#232;re devenue virale appelant Dieu &#224; frapper l'Iran : &#171; Frappe, frappe, frappe encore&#8230; jusqu'&#224; ce que tu obtiennes la victoire de Dieu. &#187;&#8232;Le pasteur John Hagee, figure centrale du sionisme chr&#233;tien am&#233;ricain, annonce pour sa part que les ennemis d'Isra&#235;l seront d&#233;truits par Dieu lui-m&#234;me : &#171; La Russie, la Turquie et ce qu'il restera de l'Iran marcheront contre Isra&#235;l&#8230; et Dieu d&#233;truira les adversaires d'Isra&#235;l. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces discours, loin d'&#234;tre isol&#233;s, la guerre n'est plus per&#231;ue comme un &#233;chec tragique de la politique. Elle devient une &#233;tape attendue d'un sc&#233;nario divin. Lorsque ce type de discours rencontre une th&#233;ologie apocalyptique, la guerre change de statut. Elle cesse d'&#234;tre une trag&#233;die humaine &#224; contenir. Elle devient, pour le malheur des peuples, un &#233;v&#233;nement inscrit dans un r&#233;cit sacr&#233;. Elle n'est plus seulement soutenue : elle est interpr&#233;t&#233;e comme une proph&#233;tie en train de s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224;, loin de toutes nuances, que la foi chr&#233;tienne se trouve confront&#233;e &#224; une question d&#233;cisive.&#8232;Car l'&#201;vangile ne se situe pas &#224; &#233;gale distance des r&#233;cits qui sacralisent la puissance et de ceux qui cherchent &#224; en limiter la violence. Il introduit un d&#233;placement plus radical encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur de la foi chr&#233;tienne ne se trouve pas dans l'attente d'une bataille finale qui &#233;craserait les ennemis de Dieu. Il se trouve dans la r&#233;v&#233;lation d'un Messie crucifi&#233; par les puissances religieuses et politiques. Sur tous les Golgotha du monde, la croix d&#233;voile le moment o&#249; la religion et le pouvoir s'allient pour donner un sens sacr&#233; &#224; la violence.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi la foi chr&#233;tienne ne peut ni b&#233;nir les guerres ni sanctifier les empires, ni se confondre avec aucun &#201;tat. Sa vocation est de garder une distance critique &#224; l'&#233;gard de toute puissance qui pr&#233;tend incarner l'histoire de Dieu dans l'histoire du monde. Mais cette distance n'est pas un retrait : elle est ce qui permet de demeurer au plus pr&#232;s du r&#233;el sans en &#233;pouser les justifications. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle engage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle appelle &#224; nommer ce qui blesse, &#224; refuser que la violence soit recouverte de sens, &#224; se tenir du c&#244;t&#233; de ceux que la guerre expose plut&#244;t que du c&#244;t&#233; des r&#233;cits qui la justifient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car chaque fois que la foi se met au service de l'empire ou se confond avec un &#233;tat quel qu'il soit, elle en oublie que le Christ a &#233;t&#233; crucifi&#233; par les puissances de ce monde &#8212; et que cette croix ne cesse de mettre en question toute puissance qui pr&#233;tend parler au nom de Dieu et s'abriter derri&#232;re son nom&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un geste pour la paix</title>
		<link>https://christianismesocial.org/spip.php?article757</link>
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		<dc:date>2026-03-07T19:43:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>XaGa</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Foi, la&#239;cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Vivre ensemble</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; la situation de violence et de guerres que l'humanit&#233; conna&#238;t, particuli&#232;rement ces derniers jours au Moyen-Orient, les chr&#233;tiens des dioc&#232;ses de Rabat et de Tanger ne peuvent rester silencieux et nous nous sentons dans l'obligation de manifester ce qui suit : &lt;br class='autobr' /&gt; 1.- Nous rejetons avec toute la force de l'&#201;vangile l'utilisation de la violence et de la guerre comme m&#233;thode de r&#233;solution des conflits entre peuples ou nations. 2.- Nous exprimons notre total d&#233;saccord avec le concept de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la situation de violence et de guerres que l'humanit&#233; conna&#238;t, particuli&#232;rement ces derniers jours au Moyen-Orient, les chr&#233;tiens des dioc&#232;ses de Rabat et de Tanger ne peuvent rester silencieux et nous nous sentons dans l'obligation de manifester ce qui suit :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1.- Nous rejetons avec toute la force de l'&#201;vangile l'utilisation de la violence et de la guerre comme m&#233;thode de r&#233;solution des conflits entre peuples ou nations.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.- Nous exprimons notre total d&#233;saccord avec le concept de guerre &#171; pr&#233;ventive &#187;, en raison de son immoralit&#233; et de son injustice.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.- Nous d&#233;plorons l'utilisation de la force au lieu de recourir &#224; la force de la raison.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.-Nous exprimons notre vive solidarit&#233; avec les victimes des guerres. Les dirigeants qui d&#233;cident de commencer une guerre ne tiennent jamais compte du bien de leur peuple ni de celui des peuples contre lesquels la guerre est d&#233;clar&#233;e. Les cons&#233;quences ne sont pas des dommages collat&#233;raux, mais des personnes qui meurent ou sont bless&#233;es et mutil&#233;es, enfants ou adultes sans distinction ; des familles qui perdent leur maison et leurs biens et des millions de citoyens oblig&#233;s de fuir loin de leur foyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.-Et, par-dessus tout ce qui pr&#233;c&#232;de, nous condamnons l'instrumentalisation de la religion comme motivation de la guerre et l'utilisation sacril&#232;ge et blasph&#233;matoire du nom de Dieu pour la justifier. Aucun croyant en le Dieu unique et mis&#233;ricordieux ne peut accepter la guerre avec tous ses effets et cons&#233;quences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toutes ces raisons, nous lan&#231;ons un appel &#224; tous les chr&#233;tiens, mais aussi &#224; l'ensemble des croyants et des personnes de bonne volont&#233; &#224; :&lt;br class='autobr' /&gt;
6.-Respecter le droit international et faire en sorte qu'il soit respect&#233; par nos gouvernants.&lt;br class='autobr' /&gt;
7.-Activer &#233;nergiquement la diplomatie et le multilat&#233;ralisme, ainsi que les institutions cr&#233;&#233;es pour pr&#233;server et construire la paix&lt;br class='autobr' /&gt;
8.-Utiliser le dialogue comme m&#233;thode, chemin et instrument de paix.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, nous nous engageons &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
9.-Ne pas tomber dans l'indiff&#233;rence face &#224; cette situation et &#224; ne pas la rel&#233;guer dans l'oubli.&lt;br class='autobr' /&gt;
10.-Soutenir avec pers&#233;v&#233;rance la pri&#232;re pour la paix et nous constituer personnellement en artisans de la paix dans nos milieux. Cela est en ligne avec l'intention de pri&#232;re que le Pape L&#233;on XIV propose pour ce mois de mars : &#171; D&#233;sarmons les c&#339;urs de la haine, du ressentiment et de l'indiff&#233;rence, pour construire la paix. Dieu nous a cr&#233;&#233;s pour la communion, non pour la guerre ; pour la fraternit&#233;, non pour la destruction &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme geste expressif de tout ce qui pr&#233;c&#232;de, nous proposons que chaque communaut&#233; termine la c&#233;l&#233;bration de l'Eucharistie de &lt;strong&gt;ce dimanche 8 mars&lt;/strong&gt;, journ&#233;e internationale des droits de la femme, en sortant en chantant vers un endroit appropri&#233; pour y &lt;strong&gt;former un cercle de la paix, en se tenant par la main&lt;/strong&gt; ; apr&#232;s une minute de silence priant, la communaut&#233; dira le Notre P&#232;re et se retirera dans l'esp&#233;rance que J&#233;sus-Christ, le Prince de la Paix, accordera ce pr&#233;cieux don &#224; notre famille, l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une manifestation &#224; Lyon, le 21 f&#233;vrier 2026, lourde de symboles</title>
		<link>https://christianismesocial.org/spip.php?article756</link>
		<guid isPermaLink="true">https://christianismesocial.org/spip.php?article756</guid>
		<dc:date>2026-02-28T20:46:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marc LAMARRE</dc:creator>


		<dc:subject>Action, engagement</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui se sont insurg&#233;s, &#224; juste titre, contre la pr&#233;sence de groupes n&#233;onazis, des saluts nazis et des insultes racistes dans la manifestation qui a fait suite &#224; Lyon le 21 f&#233;vrier &#224; la mort dramatique de Quentin Deranque le 12 f&#233;vrier. Mais, &#224; notre connaissance, la dimension symbolique du lieu de la manifestation, de son parcours et de sa date n'a pas &#233;t&#233; suffisamment prise en compte. Ces &#233;l&#233;ments, apparemment anodins, sont en r&#233;alit&#233; r&#233;v&#233;lateurs de la signification (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui se sont insurg&#233;s, &#224; juste titre, contre la pr&#233;sence de groupes n&#233;onazis, des saluts nazis et des insultes racistes dans la manifestation qui a fait suite &#224; Lyon le 21 f&#233;vrier &#224; la mort dramatique de Quentin Deranque le 12 f&#233;vrier. Mais, &#224; notre connaissance, la dimension symbolique du lieu de la manifestation, de son parcours et de sa date n'a pas &#233;t&#233; suffisamment prise en compte. Ces &#233;l&#233;ments, apparemment anodins, sont en r&#233;alit&#233; r&#233;v&#233;lateurs de la signification profonde de cette manifestation fascisante autoris&#233;e par le ministre de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Consid&#233;rons d'abord le lieu et le parcours de la manifestation. Lyon n'est pas seulement la ville o&#249; Q. Deranque a &#233;t&#233; tu&#233;, c'est la ville du martyre de Jean Moulin, tortur&#233; par le nazi Klaus Barbie. Jean Moulin entre au Panth&#233;on le 19 d&#233;cembre 1964. &lt;br class='autobr' /&gt;
La manifestation est partie de la place Jean Jaur&#232;s. Jean Jaur&#232;s est un philosophe, un militant r&#233;publicain, dreyfusard, socialiste et pacifiste, assassin&#233; par un nationaliste. Il entre au Panth&#233;on en 1924. &lt;br class='autobr' /&gt;
La manifestation a emprunt&#233; le boulevard Yves Farge. Yves Farge (1899-1953) est un h&#233;ros de la R&#233;sistance, Compagnon de la Lib&#233;ration, un homme de gauche proche des communistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cort&#232;ge est ensuite arriv&#233; sur le lieu du drame, rue Victor Lagrange. Victor Lagrange (1845-1894) est un journaliste qui a travaill&#233; &#224; Lyon et un homme politique de gauche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces noms sont donc loin d'&#234;tre anodins, ce sont des noms d'hommes de gauche et, pour certains d'entre eux, de h&#233;ros de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il de la date du 21 f&#233;vrier ? Cette date est, elle aussi, pleine de sens. En effet, c'est le 21 f&#233;vrier 1944 que le r&#233;sistant Missak Manouchian et ses vingt-deux camarades FTP-MOI sont fusill&#233;s au Mont Val&#233;rien par les Allemands. Ouvrier immigr&#233; en France, po&#232;te, militant communiste internationaliste, Manouchian repr&#233;sente, avec ses vingt-deux camarades, tout ce que les fascistes ha&#239;ssent : les &#233;trangers (&#171; vingt et trois &#233;trangers et nos fr&#232;res pourtant &#187; &#233;crit Aragon dans son po&#232;me L'affiche rouge), les juifs (la moiti&#233; du groupe est constitu&#233;e de juifs), les communistes, les internationalistes. Manouchian et sa femme M&#233;lin&#233;e entrent au Panth&#233;on le 21 f&#233;vrier 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette date du 21 f&#233;vrier deviendra pendant la guerre d'Alg&#233;rie et pendant la guerre du Vietnam celle de &#171; la journ&#233;e d'action anti-imp&#233;rialiste &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres &#233;v&#233;nements significatifs ont eu lieu un 21 f&#233;vrier : le dessin du symbole de la paix Peace and love &#9774; de la Campaign for Nuclear Disarmament (CND) par l'artiste Gerald Holtom le 21 f&#233;vrier 1958, l'assassinat de Malcom X le 21 f&#233;vrier 1965, l'assassinat du jeune Ibrahim Ali (17 ans) par des colleurs d'affiches du Front National &#224; Marseille le 21 f&#233;vrier 1995. Sur d&#233;cision du conseil municipal de cette ville, l'avenue des Aygalades o&#249; Ibrahim Ali a &#233;t&#233; abattu est rebaptis&#233;e avenue Ibrahim Ali le 21 f&#233;vrier 2021.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la m&#233;moire fondatrice de la R&#233;publique, incarn&#233;e notamment dans les cendres de Jaur&#232;s, Moulin, Manouchian transf&#233;r&#233;es au Panth&#233;on &#171; &#224; c&#244;t&#233; de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec Les Mis&#233;rables &#187; (Malraux), qui a &#233;t&#233; salie par la manifestation fascisante du 21 f&#233;vrier 2026 &#224; Lyon. C'est aussi cette m&#233;moire qui doit inspirer notre r&#233;sistance au fascisme. &#171; Le verbe r&#233;sister, &#233;crit l'h&#233;ro&#239;ne de la R&#233;sistance Lucie Aubrac, doit toujours se conjuguer au pr&#233;sent. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quentin DERANQUE </title>
		<link>https://christianismesocial.org/spip.php?article755</link>
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		<dc:date>2026-02-24T08:25:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>KABONGO-MBAYA Philippe</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Action, engagement</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes, hommes</dc:subject>
		<dc:subject>Prendre soin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La mort de Quentin Deranque rappelle l'assassinat de Cl&#233;ment M&#233;ric &#224; Paris en 2013 : m&#234;mes dynamiques de violence que brouillent les passions id&#233;ologiques et des pulsions enfouies. Ce crime hyst&#233;rise les m&#233;dias et plonge l'establishment politique, prisonnier de ses d&#233;mons, en une insupportable cacophonie de vuvuzelas devant les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales &#224; l'horizon. Tandis que p&#232;se sur le monde un climat lourd de graves incertitudes. &lt;br class='autobr' /&gt; Accusations et contre-accusations qui montent en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mort de Quentin Deranque rappelle l'assassinat de Cl&#233;ment M&#233;ric &#224; Paris en 2013 : m&#234;mes dynamiques de violence que brouillent les passions id&#233;ologiques et des pulsions enfouies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce crime hyst&#233;rise les m&#233;dias et plonge l'establishment politique, prisonnier de ses d&#233;mons, en une insupportable cacophonie de vuvuzelas devant les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales &#224; l'horizon. Tandis que p&#232;se sur le monde un climat lourd de graves incertitudes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accusations et contre-accusations qui montent en spirale : un chaos de discours, s'imposant comme une &#034;bord&#233;lisation&#034; g&#233;n&#233;ralis&#233;e ! On voit l'emprise d'un mim&#233;tisme devenu paradoxalement la r&#232;gle et la m&#233;thode. Pourquoi cet emballement ? Que montre cet automatisme de d&#233;signation du coupable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A c&#244;t&#233; des dirigeants du groupuscule mis en cause, il y a les outrances tant d&#233;cri&#233;es de LFI, le radicalisme narcissique de son patron, ses emportements, sa rh&#233;torique belliqueuse. &#171; On tue d'abord avec les mots pour assassiner avec les coups &#187; : voil&#224; ce que retient la droite fran&#231;aise, en t&#234;te des m&#233;lanchonphobes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ne voit-on pas que la soif de bouc &#233;missaire sourd avant tout d'un endroit obscur, dont on relativise les craquements ? En toutes les cultures, les victimes &#233;missaires ont presque toujours quelque d&#233;faut visible. Nulle part, cependant, l'imperfection n'a conduit &#224; l'&#233;limination de tous les b&#232;gues, borgnes ou boiteux. C'est bien l'hyst&#233;rie accusatoire qui reste elle-m&#234;me la racine du mal. Ce n'est donc ni la victime ni le d&#233;sir de r&#233;demption collective qui expliquent ce qui se passe.&lt;br class='autobr' /&gt; L'emballement de ces pulsions vengeresses, sous l'&#233;tendard de convictions arr&#234;t&#233;es, ne peut purger ses propres d&#233;mons qu'en d&#233;signant une victime &#233;missaire. Un m&#233;canisme symbolique distinct des r&#233;alit&#233;s judiciaires av&#233;r&#233;es ou probl&#233;matiques. Le duel du discours accusatoire et de l'autojustification construit sa folle raison, gagne en intensit&#233;, en attendant l'&#233;puisement des &#233;nergies mal&#233;fiques. Le d&#233;sir de justice pour la victime et le sentiment de s&#233;curit&#233; pour tous n'ont pas toujours le m&#234;me agenda. H&#233;las. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat est l&#224;. Quentin assassin&#233; par des voyous, et peu importe le fanion sous lequel ils s'abritent. Sur un autre trottoir pas loin de l&#224;, une m&#234;l&#233;e aveugle, assoiff&#233;e de mort. Chaque camp veut du sang pour vaincre, pour assurer son id&#233;al de s&#233;curit&#233; et un sens particulier de pouvoir. L'empoignade est sans retenue. Une fascisation manifeste du champ politique : tous les moyens sont bons pour jeter l'autre en p&#226;ture. Il est vrai que, traditionnellement, la droite et l'establishment ne font pas ici dans la dentelle. Les adversaires et les forces diabolis&#233;es sont-elles en reste ? Et si cet arbre (maudit) cachait une for&#234;t ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La mont&#233;e en puissance de milieux r&#233;actionnaires ne date pas d'hier. Elle ne s'est pas install&#233;e &#224; bas bruit, ses avatars et m&#233;tamorphoses tracent une longue histoire. Aujourd'hui, l'admiration pour certaines r&#233;alisations de D. Trump ne manque pas. Des r&#233;formes &#034;r&#233;ussies&#034;, ainsi ces ignobles rafles d'immigr&#233;s dits ill&#233;gaux. On savoure une c&#233;l&#233;bration intensive de la force, des mises en sc&#232;ne de l'intimidation, etc. : une pr&#233;dilection de l'ultra-droite. La droite &#171; honorable &#187; a su garder une attitude ambigu&#235;, &#233;clectique, m&#234;me si elle ne rejette pas tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un autre domaine, signalons cette derni&#232;re &#034;trouvaille&#034;. Les trumpistes assurent que le nazisme &#233;tait de gauche. Formidable illustration de la th&#233;orie du Bouc &#233;missaire. Un tissu de raccourcis, qui biaise outrageusement selon les contextes. Au total, une r&#233;elle sanctification apport&#233;e aux r&#233;gimes illib&#233;raux, qui &#233;mergent en Europe telle une coalition r&#233;actionnaire lanc&#233;e contre l'UE.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; croire qu'il faut &#224; l'imp&#233;rialisme Maga un &#034;remplacement&#034; &#224; l'envers. Nettoyer les USA du &#034;wokisme&#034; &#233;quivaut &#224; d&#233;gager l'Europe de valeurs jug&#233;es r&#233;trogrades. Des valeurs d&#233;sormais rabougries aux yeux de ces racialistes blancs. &lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, les ressources accusatoires mobilis&#233;es ne visent pas seulement les autres, mais se trahissent elles-m&#234;mes. Ne constituent-elles pas le moteur du vrai probl&#232;me ? L&#224; o&#249; gisent nos propres d&#233;mons et leurs &#233;nergies ! L&#224; o&#249; nichent la violence et ce qui s'exprime en d&#233;bordements. Personne n'a le monopole de ces choses obscures, ni &#034;la Jeune Garde&#034; ni les &#034;Identitaires&#034; de l'ultra-droite ou de ses sponsors. Mais quand m&#234;me ! &lt;br class='autobr' /&gt;
L'hyst&#233;risation en cours des m&#233;dias depuis le lynchage tragique de Quentin, l'inter-bord&#233;lisation de la classe politique, suffisent-elles &#224; nous permettre de au simple ph&#233;nom&#232;ne de retournement de stigmate ? L'idol&#226;trie du rapport de force rend ainsi d&#233;risoires le courage et la confiance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour &#234;tre imaginable, le &#034;parler vrai&#034; , cher &#224; Michel Rocard, (&lt;i&gt;n'en d&#233;plaise &#224; Daniel BENSAID L'anti-Rocard ou les haillons de l'utopie, La Br&#232;che, Paris, 1980&lt;/i&gt;), r&#233;clamait une condition : le discernement. L'on dit &#233;galement depuis Montesquieu que la d&#233;mocratie repose sur la vertu. Face au vacarme des passions, aux conduites de haine m&#234;me, o&#249; trouver les capacit&#233;s de lucidit&#233; citoyenne et de justice ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche chr&#233;tienne dans ce pays est-elle &#224; la hauteur de ce qui se joue l&#224; ? Est-elle capable de participer &#224; la recherche de voies diff&#233;rentes en vue du bien commun ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui sommes-nous pour &#244;ter la dignit&#233; aux personnes &#233;trang&#232;res ?</title>
		<link>https://christianismesocial.org/spip.php?article754</link>
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		<dc:date>2026-02-03T17:47:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine-Marie P. </dc:creator>


		<dc:subject>Justice</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Vivre ensemble</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes, hommes</dc:subject>
		<dc:subject> Culture &#233;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Foi, la&#239;cit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cet article propose une lecture chr&#233;tienne de la situation des personnes &#233;trang&#232;res confront&#233;es &#224; des politiques de traque et d'expulsion, notamment aux &#201;tats-Unis. En s'appuyant sur la notion de dignit&#233; humaine, les textes bibliques et la tradition chr&#233;tienne, il interroge les cons&#233;quences humaines, morales et spirituelles de pratiques qui engendrent peur, d&#233;shumanisation et rupture des liens familiaux. Il invite les croyants &#224; un discernement &#233;thique et &#224; un engagement fond&#233; sur la justice, la compassion et l'esp&#233;rance &#233;vang&#233;lique.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Traqu&#233;es, menac&#233;es d'expulsion, souvent r&#233;duites au silence par la peur, des personnes &#233;trang&#232;res peuvent vivre l'exp&#233;rience de la perte de leur dignit&#233;. Cet article interroge des pratiques qui conduisent parfois &#224; une d&#233;shumanisation. De qui devons-nous avoir peur ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;alit&#233; contemporaine peu engageante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En occident, des milliers de personnes &#233;trang&#232;res ont tout quitt&#233; (maison, famille, etc.) en esp&#233;rant avoir une vie meilleure, malgr&#233; la crainte permanente d'&#234;tre arr&#234;t&#233;es. Aux &#201;tats-Unis, la chasse &#224; l'individu est devenue particuli&#232;rement violente &#224; la suite d'op&#233;rations men&#233;es par l'&lt;i&gt;Immigration and Customs Enforcement&lt;/i&gt; (ICE). Cette r&#233;alit&#233; rel&#232;ve d'un d&#233;bat politique, &#233;conomique mais engage profond&#233;ment la question de la dignit&#233; humaine. Pour les chr&#233;tiens, cette situation &#233;thique et spirituelle interroge directement la vision biblique de la personne humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dignit&#233; humaine : une valeur historique et universelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emprunt&#233; au latin &lt;i&gt;dignitas&lt;/i&gt;, signifiant &#171; &lt;i&gt;estime, consid&#233;ration ; honorabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. La dignit&#233; induit le respect de l'autre. La notion de dignit&#233; de la personne humaine, en droit international, a &#233;t&#233; introduite dans la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948 qui reconna&#238;t que tous les &#234;tres humains poss&#232;dent une &#171; &lt;i&gt;dignit&#233; inh&#233;rente&lt;/i&gt; &#187; (Pr&#233;ambule) et qu'ils &#171; &lt;i&gt;naissent libres et &#233;gaux en droits et en dignit&#233; &lt;/i&gt; &#187; (article 1er). Cet aspect juridique m&#233;rite d'employer des mesures relatives &#224; la juste condition d'une personne &#233;trang&#232;re en situation de migration. En langue h&#233;bra&#239;que, le &lt;i&gt;ger (&#1490;&#1468;&#1461;&#1512;)&lt;/i&gt; est un habitant d'un pays qui n'est pas sa terre d'origine comme ce fut le cas d'Abraham dans le livre de la Gen&#232;se (23.4) ou encore avec Mo&#239;se (Livre de l'Exode 2.22). Le statut d'ill&#233;galit&#233; de la personne &#233;trang&#232;re migrant sur une terre semblant plus prometteuse ne renvoie pas &#224; l'atteinte de son int&#233;gralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Loi, justice et discernement moral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconna&#238;tre la dignit&#233; humaine ne signifie pas nier l'existence des lois. L'histoire chr&#233;tienne s'illustre par des textes fondateurs, comme les dix commandements, cela induit la l&#233;gitimit&#233; des cadres l&#233;gislatifs. Cependant, l'histoire des hommes qui fut travers&#233;e par les guerres, nous rappelle que toute loi doit &#234;tre ordonn&#233;e au bien commun et respectueuse de la personne. Lorsque l'application de la loi engendre humiliation, violence ou destruction des liens familiaux, un discernement moral s'impose. La justice biblique est orient&#233;e vers la vie. Elle cherche &#224; relever plut&#244;t qu'&#224; &#233;craser. En relisant les &#201;critures, je constate combien Celui en qui je crois depuis toujours aime prot&#233;ger les &#233;trangers sur la terre. Que dois-je comprendre aujourd'hui du passage biblique dans le livre de l'Exode (23,9) : &#171; &lt;i&gt;Tu n'opprimeras pas l'&#233;tranger, car vous avez &#233;t&#233; &#233;trangers au pays d'&#201;gypte&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traquer des familles &#233;trang&#232;res : un questionnement chr&#233;tien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques de traque, de surveillance et d'arrestations brutales g&#233;n&#232;rent un climat de peur durable : familles d&#233;sunies, enfants terroris&#233;s, personnes contraintes &#224; l'invisibilit&#233;. Cette logique de contr&#244;le transforme des &#234;tres humains en &#171; dossiers &#187; ou en &#171; cibles &#187;, niant leur singularit&#233;. D'un point de vue chr&#233;tien, cette d&#233;shumanisation n'est pas conforme &#224; ce que nous lisons dans les Evangiles. Ne pouvons nous pas les accueillir ? J&#233;sus lui-m&#234;me s'identifie &#224; l'&#233;tranger : &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais &#233;tranger et vous m'avez accueilli&lt;/i&gt; &#187; (Matthieu 25,35). Ne pas reconna&#238;tre la dignit&#233; de l'&#233;tranger, n'est-ce pas risquer de ne pas reconna&#238;tre le Christ lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une responsabilit&#233; citoyenne face &#224; l'injustice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces atteintes &#224; la dignit&#233;, le silence n'est pas neutre. Les chr&#233;tiens peuvent se sentir appel&#233;s &#224; :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nommer l'injustice, sans haine ni simplification.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Soutenir les personnes vuln&#233;rables, par l'accueil, l'accompagnement et la solidarit&#233; concr&#232;te.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interpeller les consciences, dans l'&#201;glise comme dans l'espace public.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prier et agir, en tenant ensemble compassion et exigence de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Esp&#233;rance demeure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esp&#233;rance ne nie pas la duret&#233; du r&#233;el, mais elle affirme que toute personne reste infiniment pr&#233;cieuse aux yeux de Celui qui nous a aim&#233;s le premier et qui nous accueille dans son invisible demeure. D&#233;fendre la dignit&#233; des personnes &#233;trang&#232;res traqu&#233;es, c'est t&#233;moigner que l'&#201;vangile n'est pas une parole abstraite, mais une force de vie qui r&#233;siste &#224; la peur et &#224; l'exclusion. Dans un monde marqu&#233; par les fronti&#232;res et la suspicion, l'engagement chr&#233;tien rappelle qu'aucun &#234;tre humain n'est ill&#233;gal aux yeux de Dieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans condamner ni simplifier des situations complexes, cette r&#233;flexion invite &#224; demeurer attentifs aux cons&#233;quences humaines des choix collectifs et/ou individuels. L&#224; o&#249; la peur et la suspicion gagnent du terrain, il reste possible de choisir une posture empreinte de vigilance, de compassion et d'esp&#233;rance. Qui sera le bon samaritain ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Pour aller plus loin&lt;/strong&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Article en ligne. Tout comprendre &#224; l'ICE, la police de l'immigration au c&#339;ur des pol&#233;miques aux &#201;tats-Unis : &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/tout-comprendre-a-lice-la-police-de-limmigration-au-coeur-des-polemiques-aux-etats-unis-274229&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theconversation.com/tout-comprendre-a-lice-la-police-de-limmigration-au-coeur-des-polemiques-aux-etats-unis-274229&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Site Lueur.org : &lt;a href=&#034;https://www.lueur.org/bible/strong/ger-h1616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lueur.org/bible/strong/ger-h1616&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Charte CPDH : &lt;a href=&#034;https://www.cpdh.org/qui-sommes-nous/charte-chaque-etre-humain-devrait-etre-respecte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cpdh.org/qui-sommes-nous/charte-chaque-etre-humain-devrait-etre-respecte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>C'est &#224; Paris que tout a commenc&#233;&#8230;</title>
		<link>https://christianismesocial.org/spip.php?article753</link>
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		<dc:date>2026-01-28T10:56:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Nu&#241;ez</dc:creator>


		<dc:subject>Politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; &#224; Paris, les 5 et 6 janvier, non pas dans le fracas des bombes ni dans la clameur des foules, mais dans le silence feutr&#233; des salons diplomatiques. L&#224; o&#249; l'on parle bas pour d&#233;cider fort, l&#224; o&#249; l'on nomme la stabilit&#233; ce qui rel&#232;ve en r&#233;alit&#233; de l'effacement, et c'est peut-&#234;tre cela qui frappe le plus, cette banalit&#233; presque administrative avec laquelle le sort d'un peuple peut &#234;tre scell&#233; pendant que l'attention du monde est ailleurs, happ&#233;e par le Venezuela, l'Iran, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; &#224; Paris, les 5 et 6 janvier, non pas dans le fracas des bombes ni dans la clameur des foules, mais dans le silence feutr&#233; des salons diplomatiques. L&#224; o&#249; l'on parle bas pour d&#233;cider fort, l&#224; o&#249; l'on nomme la stabilit&#233; ce qui rel&#232;ve en r&#233;alit&#233; de l'effacement, et c'est peut-&#234;tre cela qui frappe le plus, cette banalit&#233; presque administrative avec laquelle le sort d'un peuple peut &#234;tre scell&#233; pendant que l'attention du monde est ailleurs, happ&#233;e par le Venezuela, l'Iran, le Groenland, comme si la dispersion des crises permettait d'oublier l'essentiel, &#224; savoir que nous sommes entr&#233;s dans un &#226;ge o&#249; le droit international n'est plus qu'un d&#233;cor, une langue morte r&#233;cit&#233;e sans conviction, pendant que la force, elle, parle clair et agit vite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce moment parisien, qui n'a rien d'un accident, s'inscrit dans ce que beaucoup d&#233;crivent d&#233;sormais comme un ordre post-juridique, un monde o&#249; les plus forts ne cherchent m&#234;me plus &#224; se justifier, o&#249; l'arbitraire n'est plus une honte mais une m&#233;thode, et o&#249; l'on peut, sans rougir, sacrifier ceux qui ont servi, combattu, tenu la ligne, au nom d'int&#233;r&#234;ts jug&#233;s sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce salon parisien, rien n'indiquait officiellement une sc&#232;ne fondatrice, et pourtant tout y &#233;tait, des personnes r&#233;unies non pas autour d'une table de n&#233;gociation classique, mais dans une configuration beaucoup plus r&#233;v&#233;latrice du monde qui vient. Il y avait l&#224; des repr&#233;sentants de &#201;tats-Unis, garants autoproclam&#233;s de l'architecture r&#233;gionale, des &#233;missaires d'Isra&#235;l, obs&#233;d&#233;s par la s&#233;curisation durable de leur fronti&#232;re nord et par l'&#233;limination de toute forme de r&#233;sistance structur&#233;e, des d&#233;l&#233;gu&#233;s du nouveau pouvoir syrien, d&#233;sormais incarn&#233; par Ahmed al-Sharaa, soucieux de restaurer une souverainet&#233; formelle mais pr&#234;t &#224; se plier aux lignes rouges fix&#233;es ailleurs, et en arri&#232;re-plan, mais d&#233;cisifs, les repr&#233;sentants de Turquie, dont l'obsession constante, presque monomaniaque, reste l'effacement de toute autonomie politique kurde susceptible de faire tache d'huile de part et d'autre de sa fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe, dans cette configuration, c'est l'absence la plus &#233;loquente, celle des Kurdes eux-m&#234;mes, absents non par oubli mais par principe, car on ne convoque pas ceux dont on a d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; qu'ils ne seraient plus des acteurs, seulement des variables, des dossiers &#224; refermer, des forces &#224; dissoudre ou &#224; absorber. Ils n'&#233;taient plus invit&#233;s parce qu'ils n'&#233;taient plus consid&#233;r&#233;s comme des partenaires, mais comme un probl&#232;me technique &#224; r&#233;gler, une anomalie historique &#224; corriger pour permettre une recomposition r&#233;gionale jug&#233;e plus lisible, plus gouvernable, plus conforme aux int&#233;r&#234;ts convergents de puissances qui n'ont jamais cru que le droit international puisse &#234;tre autre chose qu'un outil parmi d'autres, utile quand il sert, n&#233;gligeable quand il contraint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce salon parisien, on ne parlait donc pas de justice, ni m&#234;me vraiment de paix, mais de &#171; stabilit&#233; &#187;, ce mot-valise qui permet de tout dire sans rien assumer, stabilit&#233; des fronti&#232;res pour les uns, stabilit&#233; des march&#233;s pour les autres, stabilit&#233; strat&#233;gique pour ceux qui pensent le Moyen-Orient comme un &#233;chiquier abstrait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Kurdes, eux, n'y apparaissaient plus que comme une g&#234;ne persistante, un reste encombrant de la guerre contre l'&#201;tat islamique, dont on pouvait d&#233;sormais se d&#233;barrasser puisque l'urgence avait chang&#233; de visage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui s'est jou&#233; &#224; Paris, c'est moins une d&#233;cision isol&#233;e qu'une sc&#232;ne exemplaire de ce nouvel &#233;tat du monde, o&#249; l'on peut soutenir un acteur pendant des ann&#233;es, l'armer, le financer, lui confier la gestion de territoires entiers, puis, du jour au lendemain, consid&#233;rer que cette alliance n'&#233;tait que tactique, temporaire, transactionnelle, et qu'elle peut donc &#234;tre dissoute sans autre forme de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple Kurde ne d&#233;couvre rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple Kurde sait depuis longtemps. Il a appris depuis longtemps qu'il a &#233;t&#233; ray&#233; de la carte politique moderne une premi&#232;re fois, de mani&#232;re d&#233;cisive, non pas &#224; Paris m&#234;me mais &#224; quelques kilom&#232;tres &#224; l'ouest, &#224; S&#232;vres dans une usine de porcelaine transform&#233;e en salon diplomatique, l&#224; o&#249; fut sign&#233; le trait&#233; o&#249;, pour un instant tr&#232;s bref, l'histoire sembla pourtant leur ouvrir une porte. Depuis lors, les Kurdes savent que l'amiti&#233; des empires est toujours conditionnelle, et que la m&#233;moire des sacrifices ne p&#232;se rien face aux nouvelles priorit&#233;s strat&#233;giques, qu'il s'agisse de m&#233;nager la Turquie, de s&#233;curiser les fronti&#232;res d'Isra&#235;l, ou de redessiner une Syrie gouvernable dans les termes acceptables pour les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le peuple kurde, l'histoire r&#233;cente aurait d&#251; servir d'avertissement. De l'Irak &#224; l'Afghanistan, la r&#233;p&#233;tition est presque m&#233;canique, et pourtant l'espoir persiste, parce qu'il n'est pas seulement politique, il est existentiel, il tient &#224; la n&#233;cessit&#233; de croire que le courage, la discipline, la fid&#233;lit&#233; finiront par compter. Ce qui se dissout aujourd'hui, ce n'est donc pas la force militaire ou une administration autonome, c'est une certaine id&#233;e du monde, celle o&#249; le droit, m&#234;me imparfait, m&#234;me souvent viol&#233;, continuait malgr&#233; tout &#224; faire office de limite symbolique, de frein, de recours possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce nouvel &#226;ge post-juridique, la violence n'est plus pr&#233;sent&#233;e comme une exception regrettable, mais comme la norme du r&#233;el, et cette normalisation change tout, car elle oblige les acteurs les plus vuln&#233;rables &#224; regarder en face une v&#233;rit&#233; brutale, &#224; savoir que leur survie ne peut plus &#234;tre fond&#233;e sur des promesses, des d&#233;clarations, des textes, mais sur des rapports de force. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;cision prise &#224; Paris, loin des territoires kurdes, loin de leurs villes, de leurs morts, de leurs espoirs, est ainsi devenue le symbole d'un monde o&#249; l'on efface sans trembler ceux qui n'entrent plus dans le calcul, et o&#249; l'on appelle r&#233;alisme ce qui n'est souvent qu'un renoncement assum&#233; &#224; toute exigence &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui rend cette s&#233;quence particuli&#232;rement tragique, c'est qu'elle intervient alors m&#234;me que les Kurdes avaient incarn&#233;, aux yeux de beaucoup, une forme de r&#233;sistance &#224; la barbarie, une tentative de tenir ensemble lutte contre le terrorisme, pluralisme culturel, &#233;mancipation des femmes, et que cette tentative, avec toutes ses limites et ses contradictions, est d&#233;sormais sacrifi&#233;e sur l'autel d'une stabilit&#233; red&#233;finie par d'autres. Il ne s'agit pas ici de verser dans la nostalgie ou l'ang&#233;lisme, mais de nommer clairement ce qui se joue, &#224; savoir la confirmation que nous vivons dans un monde de gangsters o&#249; le droit international peut &#234;tre suspendu, contourn&#233;, ignor&#233;, sans que cela ne suscite autre chose qu'un haussement d'&#233;paules, et o&#249; des peuples entiers peuvent &#234;tre ray&#233;s de la carte politique sans que leur histoire r&#233;cente ne p&#232;se face aux nouvelles alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Paris n'a pas seulement &#233;t&#233; le lieu d'une rencontre diplomatique de plus, la ville est devenue, l'espace d'un instant, le th&#233;&#226;tre discret o&#249; s'est act&#233;e une volont&#233; d'effacer les Kurdes de Syrie, et avec eux, un peu plus encore, l'illusion que le monde serait encore gouvern&#233; par autre chose que la loi du plus fort. Ce constat n'appelle pas n&#233;cessairement au d&#233;sespoir, mais &#224; une lucidit&#233; sans complaisance, car tant que nous continuerons &#224; parler le langage du droit sans en assumer les cons&#233;quences, tant que nous confondrons stabilit&#233; et soumission, r&#233;alisme et cynisme, d'autres d&#233;cisions semblables seront prises, ailleurs, dans d'autres salons, pour d'autres peuples, pendant que, une fois de plus, tout le monde regardera ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, face aux empires changeants, aux trait&#233;s qui s'effacent, aux salons o&#249; l'on d&#233;cide sans eux, face &#224; la violence nue, au cynisme strat&#233;gique et &#224; l'oubli organis&#233;, le peuple kurde, lui, ne baisse pas et ne baissera pas les bras, parce qu'il sait que sa survie, aujourd'hui comme hier, ne repose pas sur la bienveillance des puissants, mais sur une m&#233;moire longue, une dignit&#233; t&#234;tue et une capacit&#233; &#224; se relever, encore et toujours, l&#224; m&#234;me o&#249; l'histoire croyait l'avoir d&#233;finitivement ray&#233;. Le proverbe le dit :&#171; Les amis des Kurdes sont les montagnes &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>IL EST TEMPS D'ENTRER EN R&#201;SISTANCE</title>
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		<dc:date>2026-01-27T18:36:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean FONTANIEU</dc:creator>


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		<dc:subject>Action, engagement</dc:subject>

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&lt;p&gt;Donald Trump a construit un projet mortif&#232;re qu'il alimente en saturant l'espace politique et m&#233;diatique de menaces, de violences et de mensonges. Cet afflux quotidien, surench&#233;rissant en permanence, change de sujet &#224; un rythme insens&#233; et provoque dans le monde un effet de sid&#233;ration. &lt;br class='autobr' /&gt; Hormis quelques r&#233;actions courageuses mais isol&#233;es, la soci&#233;t&#233; humaine reste sans voix, parce que nous sommes paralys&#233;s par un violent conflit qui se joue au fond de nous : d'un c&#244;t&#233; notre conscience nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Donald Trump a construit un projet mortif&#232;re qu'il alimente en saturant l'espace politique et m&#233;diatique de menaces, de violences et de mensonges. Cet afflux quotidien, surench&#233;rissant en permanence, change de sujet &#224; un rythme insens&#233; et provoque dans le monde un effet de sid&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Hormis quelques r&#233;actions courageuses mais isol&#233;es, la soci&#233;t&#233; humaine reste sans voix, parce que nous sommes paralys&#233;s par un violent conflit qui se joue au fond de nous : d'un c&#244;t&#233; notre conscience nous alerte, de l'autre nous sommes attir&#233;s par la violence. Celle-ci nous fascine et nous tire sans que nous en ayons conscience vers le versant noir de notre humanit&#233;, qui nous compose autant que le fait notre face lumineuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alors que faire ?&lt;/strong&gt; Tout d'abord, peut-&#234;tre, fermer le robinet de ce flux naus&#233;abond, pour tenter de limiter l'addiction et reprendre nos esprits. Une premi&#232;re n&#233;cessit&#233; doit &#234;tre la s&#233;lection de nos canaux d'information, et l'enseignement aux jeunes g&#233;n&#233;rations de m&#233;thodes de discernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ensuite, d&#233;cider de ne pas subir&lt;/strong&gt;, mais vouloir. Au m&#234;me titre que les droits sociaux ont &#233;t&#233; acquis parce qu'ils ont d'abord &#233;t&#233; r&#234;v&#233;s, nous devons chercher ensemble un futur d&#233;sirable, entrer dans une esp&#233;rance collective. L'Europe en particulier, construite sur les valeurs du droit et du bien commun, se doit de maintenir ses id&#233;aux, en affirmant que ses membres appartiennent &#224; une m&#234;me famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Enfin, il nous faut oser&lt;/strong&gt; prendre le chemin de cette esp&#233;rance. Celle-ci, disait Saint Augustin, a deux enfants tr&#232;s beaux : ils s'appellent le courage et la col&#232;re. L'histoire de nos engagements a montr&#233; combien nos pr&#233;d&#233;cesseurs ont trac&#233; des voies admirables, parfois au p&#233;ril de leur libert&#233; ou de leur vie, quand ils ont os&#233; esp&#233;rer, crier et se dresser contre ceux qui voulaient les faire taire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jean Fontanieu&lt;/strong&gt;, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la f&#233;d&#233;ration de l'entraide protestante&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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