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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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« Luther » : un ouvrage de Matthieu Arnold, prix de l’Académie des Belles-Lettres , éditions Fayard

lundi 26 juin 2017, par :

Né en 1965, le professeur Arnold est sans conteste l’un des plus grands spécialistes internationaux de Luther. Il enseigne l’histoire du christianisme moderne et contemporain à la faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg et dirige la Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses. A la suite de son maître Marc Lienhard, il a contribué au renouvellement des études de Luther et plus généralement des Réformes du XVIe siècle (Jean Calvin, Martin Bucer…), tout en mettant à la disposition du public plusieurs des textes fondateurs du protestantisme ; on songe ici tout particulièrement aux deux volumes des œuvres de Luther parus aux éditions Gallimard dans la prestigieuse collection de la « Pléiade ». Ces deux volumes couronnent le travail entrepris lors d’une belle thèse consacrée à l’ « étude historique, littéraire et théologique » de la correspondance de Luther.

La biographie qu’il nous propose aujourd’hui, écrite à la demande du regretté Claude Durand pour les éditions Fayard, est un modèle de clarté et de lisibilité. Matthieu Arnold écrit dans une langue claire, accessible, qui paraît s’adresser à tous ceux, savants ou moins savants, protestants ou tout simplement hommes de bonne volonté qui ont compris l’impulsion décisive que frère Martin a pu donner à l’Allemagne de son temps, et par contre coup à l’ensemble de nos cultures, appelées à se ressourcer aux sources vives de l’évangile. L’homme Luther est incontestablement aussi intéressant pour nous que le théologien, l’homme des réussites importera autant à nos yeux que le clerc rageur qui continue à s’en prendre à ses adversaires, aux jacques révoltés ou aux juifs sur lesquels il écrit des pages scandaleuses… Mais le travail de l’historien n’est–il pas d’informer et de comprendre, plus encore que d’approuver ou de dénoncer ? Arrêtons de transformer l’histoire en prétoire, finissons-en avec la langue de buis, le politiquement correct, le prêt à penser et le bêlant prêt à croire. La biographie est un genre à la fois simple et ardu, simple pour le lecteur qui a légitimement besoin de chronologie et de récit pour suivre la vie d’un individu, ardu en ce sens que le détail ne doit jamais éclipser la vision d’ensemble.
On entre dans ce livre avec bonheur, on y découvre cette Allemagne que nous avons tant appris à aimer depuis l’effondrement du mur : Erfurt, Eisenach, la Wartbourg ou Wittenberg. Le repérage est spatial presque autant que chronologique. Luther, c’est une époque, c’est aussi et d’abord, un témoignage d’humanité, fait, il faut bien le dire, de proximité et d’agacement. On ne peut pas ne pas aimer Luther même quand il nous exaspère… Matthieu Arnold se réfère également en ces pages à cet autre Strasbourgeois, d’adoption celui-là, le grand Lucien Febvre, qui entre les deux guerres avait su dégager avec chaleur et intuition les complexités de ce moine augustin obsédé par son salut. Peut-on écrire une histoire des religions qui soit aussi une histoire du salut ? Tel est le pari que nous avons nous-même tenté de relever depuis plusieurs années en parlant d’une « histoire de la foi » qui ne se confonde ni avec la succession et la variation des dogmes ni avec les errements des Eglises, si proches et si humaines, trop humaines parfois.


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