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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

la dette - une richesse ? 1

La dette, mais quelle dette ?

jeudi 27 juin 2013

Annick Jack introduit la réflexion menée par la communauté sud-francilienne du Christianisme social sur la dette :
Un des registres de la dette est le registre moral. Ce registre renvoie également à notre relation à l’autre : dette morale, indépendance, dépendance, interdépendance, donc pose la question du régime social sous lequel nous vouons (ou ne voulons pas vivre).
Mais la dette publique relève d’une analyse macroéconomique qui est escamotée par la notion morale du vocable "dette". Mon sentiment, c’est qu’il y a un brouillage, idéologiquement organisé, entre les différents registres de la dette : dette publique, dette économique, dette privée, dette morale, brouillage qui vise à empêcher le questionnement des mécanismes macroéconomiques qui génèrent "la dette". Ce brouillage peut s’analyser à travers les discours journalistiques et politiques développés sur le thème de la dette.

Face à ce brouillage, il me paraît utile, voir indispensable d’analyser la dette sur le registre économique. Quel est le rôle des dettes publiques ? Le rôle du prêt/de l’emprunt, dans le fonctionnement économique ? Jusqu’à quand une dette est-elle soutenable ? Jusqu’à quand est-elle légitime ? Quels sont les mécanismes ayant généré la situation actuelle ? Pour faire cette analyse, je me propose de m’appuyer sur les textes d’économistes comme Frédéric Lordon, par exemple ainsi que sur les ressources développées par des économistes liés au Front de Gauche.
Ce détour macroéconomique permettra de revenir au niveau anthropologique d’une manière un peu différente que ne le permet la simple confusion des registres à laquelle se livre le discours dominant. Les mécanismes macroéconomiques actuels sont sous-tendus par des ressorts anthropologiques particuliers, ceux des acteurs dominants du système : volonté d’accumulation illimitée de richesse par quelques (de fait de moins en moins) individus privés, comme expression du refus de la finitude (voir Ansperger). Ceci nous permet de revenir sur la question de l’existence de ressorts anthropologiques pouvant sous-tendre une autre organisation sociale, capable de repenser l’économie en des termes différents : repenser notre finitude en reconnaissant que nous vivons dans un monde fini, régi par le rapport à l’autre, mais sans résignation à renoncer à ce que la technique peut apporter à l’humanité dans sa relation au monde naturel, repenser notre rapport à l’autre dans une dialectique de la dépendance, indépendance, interdépendance, libération de la dette morale paralysante dans le rapport dual par la circulation sociale de la dette, figure incarnée économiquement de l’idée d’une circulation de la grâce : la grâce pour pouvoir être reçue et fonctionner comme grâce, ne peut être effective que si elle s’exprime dans la circulation vers les tiers du don gratuit, et non dans un retour impossible vers le premier donateur.


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