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Appel pour une relance du christianisme social, pour des communes théologiques

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Article publié

Paul Ricoeur. idéologie et utopie : deux expressions de l’imaginaire social

dimanche 2 décembre 2012, par :

Grâce au travail acharné de Jacques Amphoux et Olivier Abel, sont accessibles gratuitement sur le site Persée, tous les articles d’Autre Temps, qui fut la revue du Christianisme social, de 1984 à 2003. Nous vous proposerons régulièrement un des articles de ce trésor (et nous cherchons des bonnes volonté pour numériser les revues précédentes du CS !). Nous commençons avec un article de Paul Ricoeur (et sur le même sujet, dans la rubrique Confrontation, de Jean Baubérot), écrit dans le contexte du tournant de la "rigueur" opéré par le gouvernement socialiste l’année précédente : le dossier principal de ce 2e numéro de 1984 est "Mutations de la gauche ?" avec des articles de Jean-Paul Willaime, Rémy Hebding, Michel Rodet..., également accessibles en ligne gratuitement.

Ricœur Paul. L’idéologie et l’utopie : deux expressions de l’imaginaire social. In : Autres Temps. Les cahiers du christianisme social. N°2, 1984. pp. 53-64.

doi : 10.3406/chris.1984.940
url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/chris_0753-2776_1984_num_2_1_940

Communication faite à la session de juillet 1983 sur « Ethique et politique » au Centre Protestant de l’Ouest, 79370 Celles/Belle. Texte publié avec l’aimable autorisation des Cahiers du CPO.

"Mon but dans cet exposé est de mettre en relation deux phénomènes qui jouent un rôle décisif dans la façon dont nous nous situons dans l’histoire, c’est-à-dire — pour employer le langage de la dernière conférence — pour relier nos attentes tournées vers le futur, nos traditions héritées du passé et nos initiatives dans le présent. Il est tout à fait remarquable que ce soit par le moyen de l’imagination, et d’une imagination non seulement individuelle mais collective, que nous opérons cette prise de conscience. Mais ce qui m’a paru faire l’objet d’une recherche intéressante, c’est le fait que cet imaginaire social et culturel n’est pas simple mais double. Il opère tantôt sous la forme de l’idéologie, tantôt sous la forme de l’utopie. Il y a là une énigme qui mérite attention aussi bien des éducateurs, des politologues, que des sociologues ou ethnologues, et bien entendu des philosophes. Avec cet imaginaire double, nous touchons à une structure essentiellement conflictuelle.

Or, il faut bien avouer que toute tentative pour penser ensemble et comprendre l’une par l’autre l’idéologie et l’utopie se heurte à des difficultés considérables. D’abord, chacun de ces deux pôles pris à part est pris le plus souvent dans un sens polémique et parfois péjoratif qui empêche de comprendre la fonction sociale de l’imaginaire collectif. Mais cette première difficulté en reflète une autre. S’il est si facile de se servir de ces deux termes en un sens polémique, c’est que, même pour des sociologues soucieux de simples descriptions, chacun de ces termes présente un aspect positif et un aspect négatif ou, si vous préférez, une fonction constructive et une fonction destructrice.

Allons plus loin. Pour une étude superficielle, c’est, pour chacune de ces fonctions, le côté quasiment pathologique qui vient le premier à la sur face. Ainsi, nous nous contentons volontiers de définir l’idéologie comme un processus de distorsions et de dissimulations par lesquelles nous cachons à nous-mêmes, par exemple, notre position de classe, et plus généralement notre mode d’appartenance aux diverses communautés dont nous participons ; l’idéologie est alors identifiée purement et simplement avec le mensonge social ou, plus gravement, l’illusion protectrice de notre statut social avec tous les privilèges et les injustices qu’il comporte.

Mais, en sens inverse, nous accusons volontiers l’utopie de n’être qu’une fuite du réel, une sorte de science-fiction appliquée à la politique.

Nous dénonçons la raideur quasi-géométrique des projets utopiques, et nous la rejetons dès lors qu’elle ne paraît manifester aucun souci pour les premiers pas qu’il faudrait faire en sa direction et, en général, pour tout ce qui constitue la logique de l’action. L’utopie n’est plus alors qu’une manière de rêver l’action en évitant de réfléchir sur les conditions de possibilités de son insertion dans la situation actuelle.

L’analyse que je vous propose consiste à mettre en ordre des significationets des fonctions distinctes reconnues à chacune de ces deux modalitédse l ’imaginaire social — à mettre en parallèle les niveaux de l’une avec les niveaux de l’autre — , enfin à chercher une corrélation plus profonde au niveau le plus fondamental de chacune d’elles. Je vais donc procéder à une analyse en niveaux qui nous conduiront chaque fois du niveau le plus superficiel au niveau le plus profond. Je m’efforcerai de conserver la même structure dans les deux analyses parallèles de l’idéologie et de l’utopiea fin de préparer la réflexion appliquée à leurs corrélations profondes."

lire la suite :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/chris_0753-2776_1984_num_2_1_940

La suite est accessible gratuitement à l’adresse ci-dessus, vous pourrez soit le lire en ligne, soit le charger en PDF. A lire aussi le texte de Jean Baubérot qui lui répond dans la même rubrique "Confrontation" :
Baubérot Jean. Idéologie et utopie : sœurs ennemies ou triangle inachevé ?. In : Autres Temps. Les cahiers du christianisme social. N°2, 1984. pp. 65-71.
doi : 10.3406/chris.1984.941
url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/chris_0753-2776_1984_num_2_1_941

L’ensemble du numéro en ligne :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/issue/chris_0753-2776_1984_num_2_1

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